Bien débuter l'année !

Bien préparer la rentrée scolaire de son enfant

par Haïssia, ancienne élève, aujourd'hui maman



Bonjour à toutes et à tous,


Je m'appelle Haïssia. J'ai grandi dans cette école — j'y ai appris à lire, à écrire, à lever la main avant de parler, et parfois aussi à ravaler mes larmes quand la récréation se terminait trop vite. Aujourd'hui, c'est mon fils qui y entre chaque matin avec son sac trop grand pour lui, et honnêtement, je ne sais pas toujours si c'est lui ou moi qui ai le plus le trac.


Ce dont je me souviens

Mes rentrées à moi, je les revois encore. La vieille trousse que ma mère remplissait avec soin la veille, les crayons taillés au millimètre, l'odeur des cahiers neufs. Il y avait quelque chose de solennel dans ce rituel — comme si, chaque septembre, on recommençait quelque chose d'important. Je ne savais pas vraiment ce que j'allais apprendre cette année-là. Mais je savais que ça comptait.

Ce que je n'avais pas vu, à l'époque, c'est tout ce que ma mère préparait en silence, avant même que je m'en aperçoive.


Ce que j'ai compris en devenant maman

La rentrée, vue du côté des parents, c'est une autre histoire. Ce n'est plus l'excitation d'entrer dans une nouvelle classe — c'est l'organisation, les listes, les questions : A-t-il tout ce qu'il faut ? Est-il prêt ? Vais-je être à la hauteur ?

À Mayotte, on le sait, les conditions ne sont pas toujours simples. Les familles jonglent. Les agendas sont serrés. Et pourtant, chaque rentrée, je vois des parents faire des efforts remarquables pour que leurs enfants arrivent dans de bonnes conditions. Cette mobilisation, elle mérite qu'on l'accompagne, qu'on la guide un peu.

C'est pour ça que j'ai voulu écrire ce texte. Pas pour donner des leçons — je ne suis ni pédagogue ni experte. Juste pour partager ce qui m'a aidée, concrètement.


Ce qui change vraiment la rentrée


1. Commencer avant la dernière semaine

Je sais, c'est facile à dire. Mais le stress du lundi matin quand on n'a pas la bonne règle, ou qu'on réalise que le cartable a rendu l'âme — ça se paie toute la journée. Anticiper d'une semaine ou deux, c'est s'offrir de la sérénité. Et la sérénité, les enfants la sentent.

2. Remettre le corps à l'heure

Les vacances, mon fils s'endort à 22h et se réveille à 9h. L'école commence à 7h30. Ce n'est pas lui qui s'adapte en un jour — c'est moi qui dois anticiper. Dix jours avant la rentrée, on décale progressivement l'heure du coucher. Vingt minutes chaque soir. Ça ne fait pas de miracle, mais ça évite les catastrophes.

3. L'impliquer dans la préparation

Mon fils a choisi son carnet de liaison lui-même. Il a voulu qu'il soit rouge. Ce n'est pas grand-chose, mais depuis, il y tient comme à un trésor. Laisser l'enfant s'approprier quelque chose dans cette préparation, c'est déjà lui donner envie d'y aller.

4. Parler — vraiment parler

Pas juste « Tu es content de retrouver tes amis ? » avec la réponse attendue. Plutôt : « Qu'est-ce qui t'inquiète un peu pour cette année ? » Parfois il ne dit rien. Parfois il dit des choses qui m'étonnent. Dans les deux cas, le fait qu'on ait ouvert la conversation compte.

5. Préparer un coin pour travailler

Ça n'a pas besoin d'être grand ni parfait. Mais un espace stable, rangé, réservé aux devoirs — même une petite table dans un coin calme — ça signale à l'enfant que le travail scolaire a sa place dans la maison. Et ça facilite vraiment l'entrée dans la routine du soir.


Ce que j'aurais aimé qu'on me dise

La rentrée n'a pas besoin d'être parfaite. Mon fils a oublié son cahier de textes la première semaine. J'avais mal orthographié le nom de sa maîtresse sur l'étiquette du classeur. On a survécu.

Ce qui compte, c'est l'intention derrière. C'est que l'enfant sente que cette rentrée, elle compte pour ses parents aussi. Pas parce qu'on lui met la pression, mais parce qu'on est là, attentifs, disponibles, à ses côtés.

Cette école m'a appris beaucoup de choses. Mais c'est en devenant maman que j'ai compris à quel point l'éducation commence bien avant la salle de classe.

Bonne rentrée à tous vos enfants — et bon courage à vous, les parents.

Haïssia

14 mars 2026
Lire pour vivre !